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« Débranchez tout ! »

L’hyper-connexion serait-elle en train de devenir le nouveau mal du siècle ?

Rassurez-vous Il n’est pas question de faire ici le procès du digital, évolution technologique incontournable de ces 30 dernières années. Mais seulement de s’arrêter quelques instants sur le quotidien de plus en plus surprenant de bon nombre de consommateurs du numérique. Je ne parle pas de ceux qui ont besoin de «l’outil digital» plusieurs heures par jour pour gagner leur vie, voire développer leur business. Retrouvant tout naturellement une communication normale avec autrui une fois à l’extérieur. Ceux-là nous manquent déjà !

Je parle des autres, les «bouffeurs d’écrans» et divers objets connectés, quelque soit l’endroit, 24h sur 24. «Les drogués du web», appelés encore digital addicts. Ceux qui affolent toutes les dernières études sur le sujet avec pour résultat final l’impasse totale sur leur vie sociale 1.0. A la lecture de certaines d’entre elles c’est d’abord l’amusement qui prédomine.

Parmi ces études on apprend notamment que 15% des gens répondent au téléphone lorsqu’ils font l’amour. On a d’ailleurs une pensée pour celle ou celui sacrifié sur l’instant au profit du petit objet qui sonne ou qui vibre. C’est donc vrai ! On ne pèse plus grand chose à côté de la 4G !image_art_rbc_phubber-1

Sachez également que 40% affirment répondre à un coup de fil lorsqu’ils sont aux toilettes. Une fois encore une question de priorités me direz-vous. Il est vrai qu’aux toilettes par définition on «s’emmerde» mais tout de même ! Essayons chacun de préserver cet instant «magique» comme une sorte de recueillement personnel et confidentiel. «L’objet bruyant» risquant une fois plus de tout gâcher.

Enfin statistique moins étonnante mais révélant encore une dépendance accrue, 64 % des gens reconnaissent dormir avec leur smartphone à proximité, ce qui d’ailleurs explique peut-être le premier chiffre un peu plus haut (15%…). On en vient donc à se demander comment l’on faisait en pleine nuit à l’époque des téléphones fixes (avec fil) pour se lever et décrocher à temps à l’autre bout du foyer. Une façon également de garder la ligne (l’autre).

Aujourd’hui malheureusement le pire reste à venir en matière d’hyper-connexion. La part belle est en train d’être faite à une communauté déjà bien présente, les phubbers. Appellation issue de deux mots anglais (phone + snubbing) définissant tous ceux qui restent le nez sur leur smartphone lorsqu’ils sont en société, méprisant en permanence leur entourage.

Scènes de vie quotidiennes auxquelles on assiste de plus en plus régulièrement en pleine rue. Allant du simple télescopage corporel agaçant à l’accident de circulation mortel. Malgré cela, et dans le but de protéger ces «pauvres» phubbers et certainement du business qu’ils génèrent, une idée en provenance d’Allemagne serait en train de faire son chemin chez nous. Mettre en place une signalisation au sol reliée et synchronisée aux feux tricolores des agglomérations pour que ces derniers puissent continuer à se déplacer sans danger en centre ville, le nez sur leur «joujou». Une utopie supplémentaire dans l’univers de plus en plus audacieux du consommateur digital !

Certains l’ont déjà bien compris préférant renverser l’hypocrisie, s’achetant une nouvelle conscience face à l’hyper-connexion, s’attaquant à un autre business celui de la Digital Detox.

Cela donne à chaque fois à peu près cela : «Vous êtes épuisé, vous n’arrivez pas à décrocher de votre connexion internet sur votre smartphone, votre tablette ou autres objets connectés alors venez passer quelques jours dans notre bel établissement. Chez nous pas de connexion Wi-Fi, pas de smartphone, pas de tablette. Seulement le calme, le paysage, la piscine, le spa, le retour à la lecture des journaux et magazines version papier (lol). Tout cela pour quelques milliers d’euros les 4 jours». Et là j’ai presque envie de vous dire : «Tout comme avant !». Quand il n’y avait pas cette offre numérique à outrance. Quand les gens se parlaient, s’écoutaient, relevaient la tête dans la rue, vous saluaient, parfois même vous souriaient. Autrement dit communiquaient naturellement pour de vrai. La Digital Detox n’est rien qu’un «mensonge virtuel» de plus, hormis pour les consommateurs durement atteints par l’hyper-connexion, devant s’en remettre légitimement à des établissements médicaux spécialisés.

Pour les autres, un peu de volonté que diable! L’auto-modération permanente est le seul remède à l’hyper-connexion. L’unique façon de continuer à apprécier l’évolution de «l’outil digital» sans en être la proie.

Bien souvent, lorsque je suis dans la rue ou ailleurs et que j’observe, non sans une certaine angoisse, tous ces visages inertes totalement absorbés par leur écran. J’ai envie de leurs crier, haut et fort, comme le faisait déjà si bien une célèbre chanteuse française sur l’un de ses fameux singles dès 1984 : «Débranchez tout et revenez à vous !» (le plus souvent  possible).

Régis Bonlieu

 

Une réponse

  1. J’ai parfois l’impression qu’à force d’être hyper-connecté aux écrans, l’être humain s’est déconnecté du sens. Système binaire. 1 ou 0. Blanc ou noir. Dangereux par les temps qui courent. Allez, je lâche mon clavier ! retour à mon livre. Bises Régis.

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