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« La dernière marche »

Jadis maître du coup franc, Michel Platini va-t-il d’un dernier «coup de patte» magique dont il a le secret, s’octroyer prochainement non pas le chemin des filets mais celui du trône, désormais si convoité, de la FIFA ?
La route risque d’être encore longue avant le congrès électif extraordinaire de la fédération internationale de football prévu entre décembre et mars prochains. Congrès logiquement décidé après l’annonce de la démission de son président Sepp Blatter, éclaboussé par les scandales de corruption au sein de l’instance du football mondial.
L’ex capitaine des bleus continue de réfléchir actuellement à la légitimité de cette candidature. Après sa réélection récente à la tête de l’UEFA , a-t-il réellement l’ambition et les moyens de briguer la présidence de la FIFA ? Platini mettra lui même un terme à cette interrogation, très certainement durant l’été.
En attendant il devra «la jouer fine», avec un Blatter démissionnaire mais encore aux commandes pour les six prochains mois, à moins que la situation ne s’aggrave pour le suisse l’obligeant à quitter définitivement son bureau de Zurich dans les prochains jours. Tout est possible au train où vont les choses actuellement.
Quoi qu’il en soit l’ancien numéro 10, si il décide d’y aller, devra convaincre sans relâche jusqu’à l’élection ultime. Convaincre d’abord toutes les fédérations et les membres de la FIFA, proches il y a encore quelques jours de Blatter, qu’il est le meilleur candidat pour réformer et rénover l’instance mondiale du ballon rond. Ce qui est loin d’être gagné ! En effet même si Michel Platini semble faire l’unanimité en Europe, ce n’est pas exactement la même musique sur les autres continents du football.
Convaincre ensuite la justice et notamment le parquet suisse, comme plusieurs autres membres de la fédération internationale, qu’il a toujours su rester à sa place au regard des scandales qui enfoncent chaque jour un peu plus la gouvernance du football mondial. Il serait regrettable qu’une mauvaise nouvelle vienne ternir ses chances d’endosser le costume suprême de la FIFA. Lui qui n’a jamais cessé d’être le porte parole du « beau jeu » mais aussi du « fair play financier ». Enfin peut-être devra-t-il,tout simplement, se convaincre lui même qu’il serait plus judicieux de reporter à plus tard sa candidature. Ce que les futurs Rois, candidats naturels au trône, appelaient autrefois avec lucidité « la sagesse de la dernière marche »

Régis Bonlieu

 

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